samedi 12 novembre 2016

Des yogis et des hommes par Pierre Feuga

Il y en a qui yamaniyamisent du matin au soir et il y en a qui se fichent des yama-niyama. Il y en a qui occupent une heure de yoga avec trois postures et il y en a qui enchaînent soixante postures à la demi-heure. Il y en a qui inspirent de bas en haut et il y en a qui inspirent de haut en bas. 

Il y en a qui se dopent au kapâlabhâti et il y en a qui, au bout de cinq respirations, prennent un air de héros fatigué. Il y en a qui méditent à l’aube, d’autres le soir, certains tournés vers l’est, certains tournés vers eux-mêmes, et d’autres qui ne méditent pas du tout, et d’autres qui croient méditer. Il y en a qui s’ennuient en méditant et il y en a qui ne savent pas qu’ils s’ennuient en méditant. 

Il y en a qui beuglent des mantras, d’autres qui bricolent dans le tantra, d’autres qui dessinent des yantras, et d’autres qui confondent mantras, tantra et yantras. Il y en a qui savent le sanskrit, d’autres qui font croire qu’ils savent le sanskrit et d’autres qui s’imaginent qu’en Inde tout le monde parle sanskrit. Il y en a qui sont allés en Inde, je veux dire dans un ashram en Inde, et d’autres qui ont peur d’aller en Inde, des fois que l’Inde ne ressemble pas à l’Inde. Il y a des gouroulogues, des gourouphones, des gourouphiles, des gouroulâtres, des gouroulacariâtres, des gouroumaniaques, des gourouphobes, des gouroupathes, des gouroucides, des gourouphages, et il y aurait même encore quelques gourous.

Il y en a qui ont lu les Yoga-sûtra et qui regardent de haut ceux qui n’ont pas lu les Yoga-sûtra. Il y en a qui font semblant d’avoir lu les Yoga-sûtra, d’autres qui en ont lu un résumé. Et il y en a qui les confondent avec les Kâma-sûtra. Il y en a qui sont pour les écoles — écoles du nord, écoles du Sud, écoles du Nord-ouest, du Sud-sud-ouest, Cachemire du XIIe siècle, Bihar du XIVe, tantrisme sikh, jaïnisme de la Main gauche… et d’autres qui sont contre les écoles (à bas les systèmes, vive la spontanéité !) et d’autres qui disent que toutes les écoles se valent, tout est dans tout n’est-ce pas, et ceux qui changent d’école tous les deux ans et ceux qui ne supportent pas qu’on change d’école.

Il y en a qui ont six chakras, dont trois ouverts, et d’autres sept, quatorze ou soixante-quatre, et tous ouverts, ou bien alternativement, et puis qui peuvent ouvrir les chakras fermés des autres, ou bien fermer leurs chakras ouverts, attention pas de fausse manœuvre. Et puis il y a les malheureux qui n’ont jamais senti en eux le moindre chakra et n’osent pas l’avouer, sauf quand ils font un rebirth. Il y a ceux qui combinent yoga et rebirth, yoga et psychanalyse, yoga et karaté, yoga et poterie, yoga et chasse à courre.

Il y a ceux qui ne cuisinent qu’au ghee, qui mastiquent cent huit fois leurs graines hypercomplètes ou bien qui les avalent le plus vite possible, bon débarras, il y en a qui jeûnent et qui le font savoir, qui se purifient et vous le font sentir, qui craignent plus que tout de se réincarner en cochons. Et puis ceux qui mangent des côtes de bœuf en cachette et s’envoient un coup de rouge en se demandant avec une angoisse délicieuse si cela alourdira leur karma.

C’est que oui-da il y a des obsédés du karma comme il y a des fanas du mûla-bandha, des fondus de l’uddiyâna, des frappés de jâlandhara, des forcenés de la bhastrikâ, de vieux babas enragés de mudrâs, flottant dans le samsâra et dans l’odeur du gañja.

Comme il y a des yoginîs fumeuses de bidis, frétilleuses de la kundalinî, expertes en nauli, friandes de samâdhi, goûteuses d’amaroli, virtuoses en sahajolî, qui se font appeler Shakti lorsqu’elles s’unissent à leur Shiva, le samedi soir après le yoga, pour faire maithuna, yab-yum et youp-la-la.
(Mais il y en a tant d’autres qui voudraient bien savoir à la fin ce que c’est que maithuna, et cela les énerve.)

Oui, et ainsi va le samsarâ, et vive Mâyâ qui n’existe pas, si l’on en croit Gaudapâda, il y a des hommes qui se prennent pour des yogis, il y a des femmes qui se prennent pour des yoginîs, il y a des souris et des hommes, des souris et des yogis, et puis, Shiva-Pârvatî soient loués, il y a des hommes et des femmes qui ne se prennent pour rien, et que le yoga prend dans ses bras et porte doucement, tendrement, et emporte, vers là-bas, qui déjà est ici, et c’est si beau alors et c’est si simple, le yoga.

Pierre Feuga, Les fragments tantriques, Editions Almora, 2010

jeudi 30 juin 2016

Le mantra OM

OM PURNAMADAM PURNAMIDAN
Om Purnam-adah Purna-midam
Purnaat Purnam-udachyate
Purnasya Purnam-adaya
Purnam-eva-avashisyate
Om shanti, shanti, shanti


Om Ceci est la vérité visible, cela est la vérité invisible.
Ces vérités forment la Réalité : le Tout
Le tout est projeté du vide.
Tout demeure dans la plénitude.
Om Paix, paix, paix


mardi 8 mars 2016

Yoga Samadhi s'agrandit !

Je vous accueille désormais dans une belle salle chaleureuse de 85m2 (vestiaires hommes/femmes séparés) en plein centre ville de Toulouse. Ce nouvel espace est entièrement dédié à la pratique du Yoga. Vous souhaitez participer à un cours ? N'hésitez pas à me contacter, vous trouverez toutes les informations sur le site Internet www.yogasamadhi.fr



dimanche 7 février 2016

Yoga Body - The origins of modern posture practise by Mark Singleton

Dans ce livre, l'auteur remet en question de nombreuses idées reçues sur la nature et les origines du yoga postural moderne (asana) et montre une nouvelle façon de comprendre le sens du yoga. 


Très intéressant... mais ce livre existe uniquement en anglais.


vendredi 1 janvier 2016

Meilleurs Voeux pour 2016 !


Déjà le mois de janvier... le froid, les jours qui ont raccourci, le manque de soleil et le stress de la vie quotidienne font que nous ressentons une fatigue saisonnière. Il est tant de nous prendre en main... Rien de mieux pour cela que de reprendre ou même commencer la pratique du Yoga. Les innombrables postures ou asanas mais aussi la prise de conscience de notre respiration vont nous permettre de reprendre conscience de notre corps, de ses espaces intérieurs et nous aider à lâcher prise pour enfin aborder la vie du bon côté.

Yoga Samadhi vous propose des cours de Yoga en plein centre ville de Toulouse.


mardi 15 décembre 2015

Pourquoi le nombre 108 ?


Dans l'Hindouisme, le bouddhisme tibétain mais aussi le jaïnisme et le sikhisme, 108 est un nombre sacré. Les trois chiffres se décomposent ainsi :  
  • 1 renvoi à un objet,   
  • 0 à aucun objet  
  • 8 à une infinité d'objets.


Cette association est perçue comme représentant la réalité ultime de l'univers. Les divinités ont ainsi 108 noms et les rudrakshas (chapelet ou mala) 108 graines.


En Inde, le nombre 108 est l'un des nombre sacré les plus importants. Il apparaît dans les Darshana, systèmes de philosophie hindoue, développés à partir des textes védiques. Chacun des six Darshana a une vision du monde particulière et propose une étude, une réflexion ou des techniques en vue de la libération qui vise à agir avec discernement pour sortir de l'enchaînement ignorance / action / souffrance. Les Darshana sont en général groupés par deux :

  • Nyaya et Vaisesika,
  • Samkhy et Yoga
  • Mimamsa et Vedanta

Le Yoga est donc l'un de ces Darshana. Le yoga accepte l’idée d’un Dieu unique (Ishvara) ou d’une force qui nous dépasse et insiste sur la pratique et le détachement qui consiste notamment à se tourner vers cet « Etre suprême » afin d’entrer en relation intime avec lui et de s’abandonner à lui. La pratique du yoga présente une grande ouverture et une neutralité spirituelle et s'adresse à toute personne quelque soit ses convictions religieuses (athée, agnostique ou croyante).


108 évoque ainsi l’état de Samadhi, état de connaissance parfaite où seul persiste le témoin qui réside dans sa vraie nature. C’est la libération, le retour à la source.


Le rudrakshas ou mala est le chapelet Bouddhiste qui accompagne chaque pratiquant, il est composé de 108 perles. Le pratiquant Bouddhiste le tient souvent à la main ou l'enroule autour du poignet ou autour du cou tel un collier. Le mot mala signifie en sanskrit « collier de fleurs » ou « guirlande de perles ». On peut noter que la signification d'un mala est différente selon les pays. Il peut symboliser :

  • les 108 épreuves qu’a subi le Bouddha pour atteindre l’illumination et les 108 noms du Bouddha
  • les 108 passions que doit surmonter le fidèle afin de se rapprocher de son idéal de méditation et d’ascétisme.
  • Les 108 mudra (gestes rituels) dans le Tantra.
  • Les 108 positions corporelles dans le Yoga.
  • Les 108 feux allumés au Japon dans les cérémonies du culte des morts.
  • Les 108 tombeaux extérieurs, au mont Hiei près de Kyoto, au Japon.

Ces 108 grains du chapelet Bouddhiste proviendraient de la somme des 12 mois, des 24 arrangements dans lesquels le calendrier solaire a été divisé et les 72 divisions de l'année chinoise en périodes de 5 jours soit 12 + 24 + 72 = 108.


Selon une autre tradition fort ancienne en Orient, l'importance du chiffre 108 dériverait de 10800 qui multiplie le nombre de moments dans l'année et le nombre de versets dans le Rig-Veda. Il existe, en Orient, 108 faiblesses, telles que l'illusion, les désirs, la haine, l'attachement, l'orgueil, etc... qui correspondent aux 108 grains du chapelet bouddhiste. Ces 108 faiblesses sont appelées les 108 liens karmiques.


Après la mort du Bouddha, Padma-Sambhava, le grand gourou tibétain qui rétablit l'ésotérisme au Tibet, aurait caché et préservé les 108 écrits les plus sacrés qui lui furent révélés dans les mondes célestes (archive akashiques) dans le monde des hommes et le Royaume des Nâga ou des adeptes. Il les cacha à la frontière du Népal, au Nord du Tibet.


Dans l'Hindouisme, il y a 108 représentations des poses (danses sacrées) du Nastya Shastra. Il y a 108 Upanishads, 108 noms de Vishnou dans le Mahabharata et 108 noms pour Shiva.


 

jeudi 26 novembre 2015

Atelier du Dimanche 22 Novembre 2015

Ce dimanche, nous nous sommes retrouvé(e)s pour une pratique autour du thème de l'ancrage. C'est avec plaisir que nous avons pu échanger autour d'un fameux repas Indien....