mardi 15 décembre 2015

Pourquoi le nombre 108 ?


Dans l'Hindouisme, le bouddhisme tibétain mais aussi le jaïnisme et le sikhisme, 108 est un nombre sacré. Les trois chiffres se décomposent ainsi :  
  • 1 renvoi à un objet,   
  • 0 à aucun objet  
  • 8 à une infinité d'objets.


Cette association est perçue comme représentant la réalité ultime de l'univers. Les divinités ont ainsi 108 noms et les rudrakshas (chapelet ou mala) 108 graines.


En Inde, le nombre 108 est l'un des nombre sacré les plus importants. Il apparaît dans les Darshana, systèmes de philosophie hindoue, développés à partir des textes védiques. Chacun des six Darshana a une vision du monde particulière et propose une étude, une réflexion ou des techniques en vue de la libération qui vise à agir avec discernement pour sortir de l'enchaînement ignorance / action / souffrance. Les Darshana sont en général groupés par deux :

  • Nyaya et Vaisesika,
  • Samkhy et Yoga
  • Mimamsa et Vedanta

Le Yoga est donc l'un de ces Darshana. Le yoga accepte l’idée d’un Dieu unique (Ishvara) ou d’une force qui nous dépasse et insiste sur la pratique et le détachement qui consiste notamment à se tourner vers cet « Etre suprême » afin d’entrer en relation intime avec lui et de s’abandonner à lui. La pratique du yoga présente une grande ouverture et une neutralité spirituelle et s'adresse à toute personne quelque soit ses convictions religieuses (athée, agnostique ou croyante).


108 évoque ainsi l’état de Samadhi, état de connaissance parfaite où seul persiste le témoin qui réside dans sa vraie nature. C’est la libération, le retour à la source.


Le rudrakshas ou mala est le chapelet Bouddhiste qui accompagne chaque pratiquant, il est composé de 108 perles. Le pratiquant Bouddhiste le tient souvent à la main ou l'enroule autour du poignet ou autour du cou tel un collier. Le mot mala signifie en sanskrit « collier de fleurs » ou « guirlande de perles ». On peut noter que la signification d'un mala est différente selon les pays. Il peut symboliser :

  • les 108 épreuves qu’a subi le Bouddha pour atteindre l’illumination et les 108 noms du Bouddha
  • les 108 passions que doit surmonter le fidèle afin de se rapprocher de son idéal de méditation et d’ascétisme.
  • Les 108 mudra (gestes rituels) dans le Tantra.
  • Les 108 positions corporelles dans le Yoga.
  • Les 108 feux allumés au Japon dans les cérémonies du culte des morts.
  • Les 108 tombeaux extérieurs, au mont Hiei près de Kyoto, au Japon.

Ces 108 grains du chapelet Bouddhiste proviendraient de la somme des 12 mois, des 24 arrangements dans lesquels le calendrier solaire a été divisé et les 72 divisions de l'année chinoise en périodes de 5 jours soit 12 + 24 + 72 = 108.


Selon une autre tradition fort ancienne en Orient, l'importance du chiffre 108 dériverait de 10800 qui multiplie le nombre de moments dans l'année et le nombre de versets dans le Rig-Veda. Il existe, en Orient, 108 faiblesses, telles que l'illusion, les désirs, la haine, l'attachement, l'orgueil, etc... qui correspondent aux 108 grains du chapelet bouddhiste. Ces 108 faiblesses sont appelées les 108 liens karmiques.


Après la mort du Bouddha, Padma-Sambhava, le grand gourou tibétain qui rétablit l'ésotérisme au Tibet, aurait caché et préservé les 108 écrits les plus sacrés qui lui furent révélés dans les mondes célestes (archive akashiques) dans le monde des hommes et le Royaume des Nâga ou des adeptes. Il les cacha à la frontière du Népal, au Nord du Tibet.


Dans l'Hindouisme, il y a 108 représentations des poses (danses sacrées) du Nastya Shastra. Il y a 108 Upanishads, 108 noms de Vishnou dans le Mahabharata et 108 noms pour Shiva.